Valorisation Agroalimentaire & Retail : La Marque, du Champ à l’Assiette

Circiuit du champ à l'assiette et valorisation des actifs immatériels dans l'agroalimentaire et le retail

Dans le secteur de l’Agroalimentaire et de la Distribution, la valeur ne réside pas seulement dans la qualité du produit ou la surface de vente, mais dans la confiance que le consommateur accorde à l’enseigne. L’analyse de nos missions sur la période 2017-2025 place ce secteur en cinquième position de nos interventions, avec une accélération notable ces deux dernières années.

Qu’il s’agisse de grandes coopératives restructurant leurs actifs ou de marques de terroir à forte identité, l’évaluation financière doit capturer la fidélité client et la puissance du réseau. Voici les tendances et méthodologies observées.

1. La Restructuration de Portefeuilles de Marques

Une tendance lourde observée récemment est la réorganisation des actifs immatériels au sein des grands groupes agricoles. L’objectif est souvent de rationaliser le portefeuille en cédant des marques à des entités dédiées au sein du groupe.

  • L’approche par les Redevances (Relief from Royalty) : C’est la méthode reine pour ce secteur. Pour une grande coopérative agricole, nous avons valorisé plusieurs portefeuilles de marques distincts (jardinerie grand public, distribution professionnelle, produits surgelés) afin de préparer leur cession interne.
  • La segmentation précise : L’enjeu est de définir des taux de redevance adaptés à chaque segment. Nos analyses ont permis de valider des valeurs de marques oscillant entre quelques centaines de milliers d’euros pour des marques de niche et plus de 5 millions d’euros pour des enseignes de distribution grand public leaders sur leur marché régional.

2. La Prime au « Bio » et au « Terroir »

La valorisation des produits alimentaires dépend de plus en plus de leur positionnement éthique ou haut de gamme. La marque devient un label de qualité qui justifie une valorisation élevée.

  • Le cas des produits porteurs de label(s) de qualité : Nous sommes intervenus pour valoriser une marque de fruits biologiques disposant d’une forte protection internationale. L’utilisation combinée des coûts historiques et des flux futurs a permis de justifier une valeur de près de 3 millions d’euros, reflétant l’investissement marketing et la prime de prix acceptée par le consommateur.
  • L’exceptionnel et le luxe alimentaire : Pour des domaines viticoles de prestige, la méthode des flux futurs actualisés (DCF) est privilégiée pour capter la rente de situation. Pour une marque de vin ultra-premium, la valorisation a dépassé les 6 millions d’euros, démontrant que dans l’agroalimentaire de luxe, la marque pèse autant que le foncier.

3. Valoriser la Branche d’Activité et le Réseau

Dans la distribution (Retail), la marque est indissociable du réseau de vente. Nos missions consistent souvent à isoler la valeur d’une « branche complète » (fonds de commerce + marque + savoir-faire).

  • L’approche globale : Pour un acteur de la pisciculture et de l’alimentation animale, la valorisation de la marque (estimée à plus de 15 M€) a dû prendre en compte son exploitation sur plusieurs territoires européens (Grèce, Espagne) et sa capacité à générer du chiffre d’affaires sur des segments B2B.
  • La distribution spécialisée : Qu’il s’agisse de réseaux de jardineries ou de magasins de producteurs, la valorisation repose sur la capacité de l’enseigne à fédérer une clientèle captive. L’analyse des comparables boursiers (EV/EBITDA) est ici fréquemment utilisée pour corroborer les approches par les revenus.

4. Les Méthodes : Entre Coûts et Revenus

Contrairement à la Tech où le multiple de chiffre d’affaires est roi, l’agroalimentaire demande une approche plus patrimoniale et prudente.

  • Le Coût de Remplacement : Cette méthode est souvent utilisée comme « valeur plancher » pour des marques secondaires ou régionales (ex: marques de distributeur ou gammes spécifiques). Elle estime le coût qu’il faudrait engager aujourd’hui pour recréer une notoriété équivalente.
  • Le DCF (Flux de trésorerie) : Il reste incontournable pour les actifs matures générant des revenus récurrents et prévisibles, typiques de la consommation alimentaire.

Conclusion

Valoriser un actif dans l’agroalimentaire nécessite de comprendre toute la chaîne de valeur : de la production (brevet végétal, savoir-faire agricole) à l’assiette du consommateur (marque, réseau de distribution). Comme l’illustrent nos missions pour des marques de pâtisserie ou des négociants en vins, l’expert financier doit savoir traduire le goût et le terroir en équations économiques robustes.

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