Saviez-vous que la marque « allo non mais allo quoi » et la marque « allo quoi » était déposée depuis mars 2013 ? Par Nabilla ? Non, par une société dénommée « La grosse équipe ». Et non! Elle n’est pas dirigée par Nabilla… Nabilla a bien déposé une marque, une seule (et toute seule sans conseil apparemment) : « Nabilla Allo t’es une fille t’as pas de shampoing c’est comme si t’es une fille t’as pas de cheveux »…qui a été rejetée. Il y a fort à parier que son contrat avec la production des Anges ne lui permettait pas cette audace. C’est ballot.
Et des exemples comme ça…il y en a beaucoup. Trop! Pire, des marques qui devraient exister…et bien n’existent pas. D’autres influenceurs mieux entourés ont quant à eux une stratégie (un peu) plus affirmée, mais perfectible, disons-le.
Je prends par exemple Maghla, de son vrai nom Barbara Jondot. Ma fille est une grande fan. Youtubeuse connue, elle participe au moment où je rédige cet article à « Danse Avec Les Stars ». Barbara a déposé la marque de certains de ses formats comme « Sip & Gossip » (mais qu’en France…aïe) et « Maghla », son pseudo (bien vu! Mais qu’en France aussi). Alors c’est déjà un bon début par rapport à d’autres influenceurs. Mais à l’ère où les contenus voyagent et sont automatiquement traduits par Youtube, une extension des protections serait bienvenue. Et ses autres formats gagneraient aussi à être protégés (« Flippe & Go Sleep » par exemple).
Les formats sont importants car autant le pseudo reste très attaché à la personne publique, autant les formats pourraient être dérivés et adoptés par d’autres si telle était la stratégie future de Barbara.
C’est ballot, vous ne trouvez pas ? Vous avez des millions d’abonnés, votre feed est parfait, vos placements de produits s’arrachent et votre lifestyle fait rêver… Mais est-ce que cet empire que vous construisez est vraiment le vôtre ? Ou est-il bâti sur du sable, prêt à s’écrouler au moindre coup de vent juridique ?
Soyons honnêtes : beaucoup d’influenceurs sont des génies du marketing et du contenu, mais des cancres en droit de la propriété intellectuelle (PI). Et ça, croyez-moi, c’est une bombe à retardement.
J’ai déjà croisé quelques sujets sur des marques qui exploitent votre image au point d’en dépendre, mais sans que la rémunération soit vraiment à la hauteur quand vous n’avez aucun droit sur la marque elle-même ! Et de nombreux influenceurs ne pensent pas à déposer des marques pour protéger leur image au mieux…
Si les droits de propriété sont instaurés, ils sont valorisables financièrement. Votre poids dans les négociations de clauses contractuelles est décuplé… Alors on s’y met ? On devient plus pro?
Allez hop ! Tour d’horizon en espérant que cela vous inspire !

1. Ta tête, c’est ton business (et ton plus grand actif)
Vous êtes votre propre marque. Votre visage, votre voix, votre style, vos mimiques… tout ça, c’est ce qui fait votre singularité et attire les foules. C’est ce qu’on appelle votre droit à l’image.
Le piège : Vous signez un contrat avec une marque pour une collaboration, et dans les petites lignes, il est écrit que la marque peut utiliser votre image « sans limite de temps, sur tous supports et pour tous usages » (j’exagère à peine). Traduction ? Pour le prix d’une seule vidéo sponsorisée, la marque peut potentiellement utiliser votre visage pour sa campagne publicitaire pendant les dix prochaines années, sans vous verser un centime de plus.
La solution : Lisez ! Faites lire ! Chaque contrat doit spécifier clairement :
- La durée de l’utilisation de votre image.
- Les supports sur lesquels elle peut être diffusée (TikTok, Instagram, TV, affichage…).
- Le territoire (France, Europe, monde…).
- Les objectifs précis de cette utilisation.
Ne vous laissez pas déposséder de votre propre visage. C’est votre gagne-pain !
2. Ton nom n’est pas qu’un @ (C’est ta marque !)
Votre pseudo Instagram, votre nom de chaîne YouTube, le nom de votre podcast… C’est VOTRE identité numérique. C’est ce qui vous différencie de la masse. Pourtant, la plupart des influenceurs oublient une étape cruciale : déposer ce nom en tant que marque.
Après quelques recherches, le nombre d’influenceurs célèbres qui n’ont pas pris cette précaution ELEMENTAIRE m’a presque rendue malade…
Le scénario catastrophe : Imaginez. Vous cartonnez avec « La Vie de Léa ». Des marques vous approchent, vous lancez votre propre ligne de produits dérivés. Et là, patatras ! Quelqu’un d’autre a eu la bonne idée de déposer « La Vie de Léa » à l’INPI (Institut National de la Propriété Industrielle) pour des vêtements, des cosmétiques, ou pire, pour des services de coaching. Non seulement cette personne peut vous interdire d’utiliser VOTRE propre nom pour vos produits, mais elle peut aussi vous réclamer des dommages et intérêts pour contrefaçon !
L’action immédiate : Vérifiez la disponibilité de votre nom et déposez-le à l’INPI pour les classes de produits et services qui vous concernent (vêtements, cosmétiques, édition, divertissement, etc.). C’est un investissement minime comparé à la valeur de votre marque. Sans dépôt, votre @, pseudos ou autres noms de formats ne valent pas grand-chose face à un tiers mal intentionné.
Le saviez-vous ?
En 2026, l’essor des IA génératives rend la protection de votre identité de marque encore plus vitale. Une IA pourrait être entraînée sur votre contenu pour créer des clones virtuels de vous, générant des placements de produits non autorisés. Protéger votre marque, c’est aussi se prémunir contre ces futures menaces numériques ! Et au moins, c’est vous qui gérerez votre armée de clones 😉
3. Tes vidéos sont des œuvres (Tes concepts aussi !)
Chaque vidéo que vous montez, chaque photo que vous retouchez, chaque texte que vous écrivez est une œuvre de l’esprit. À ce titre, elle est protégée par le droit d’auteur dès sa création, sans besoin de dépôt formel.
Le problème : Ce n’est pas parce que c’est « protégé » que personne ne va vous le piquer. Le « freebooting » (le fait de télécharger et de reposter votre contenu sur d’autres plateformes sans votre autorisation) est monnaie courante. Et les marques indélicates qui reprennent vos concepts ou vos musiques sans vous créditer, ni vous payer ? Un classique !
La parade :
- Marquez votre contenu : un petit logo discret, un jingle audio, votre @ dans la description… tout ce qui peut prouver que vous êtes l’auteur original.
- Surveillez : Utilisez des outils de veille et de monitoring pour détecter les usages non autorisés de votre contenu.
- Agissez : En cas de vol, n’hésitez pas à demander le retrait du contenu (via les procédures de chaque plateforme) et, si nécessaire, à consulter un avocat.
Vos idées et votre créativité sont le cœur de votre métier. Ne laissez personne s’en emparer gratuitement.
4. Conclusion : De « créateur » à « chef d’entreprise »
Arrêtez de penser que la propriété intellectuelle est réservée aux grands groupes ou aux artistes « sérieux ». En tant qu’influenceur, vous êtes un entrepreneur, un média à vous tout seul. Et comme toute entreprise, vous devez protéger vos actifs.
Une stratégie de propriété intellectuelle, ce n’est pas de la paperasse inutile. C’est votre assurance-vie, votre bouclier contre les opportunistes et le garant de la pérennité de votre business.
Alors, non mais allô quoi ! Arrêtez de laisser votre empire à la merci des autres. Prenez le contrôle, protégez votre marque et assurez l’avenir de votre influence. Et après, nous pourrons sérieusement valoriser votre activité !
Besoin de conseils pour vous épargner de futurs problèmes ? Contactez-nous, nous vous aiderons à mieux coacher votre valeur.